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HcoM, le Blog...

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Blog de communication à l'attention de ceux - professionnels ou non et étudiants - qui sont intéressés par la Communication au sens large


Le métier de journaliste est-il encore attractif ?

Publié par Olivier Moch sur 22 Mars 2023, 14:33pm

Catégories : #Relations Publiques, #Presse écrite et audivisuelle

Le nombre de journalistes diminue en Belgique. Qu’est-ce qui explique ce désamour de la profession ? Pourquoi le journalisme ne séduit-il plus autant ? Si je me fie aux chiffres que j’ai trouvé sur le site de l’AJP, qui datent quand même de 2018 il faut le préciser… Je n’ai rien trouvé de plus récent, malheureusement. Si je me base sur ces chiffres, donc, il y aurait en Belgique 5422 journalistes agréés au titre par la détention d’une carte de presse délivrée par le Ministère de l’Intérieur. Parmi eux :

  • 2790 journalistes sont affiliés à l’Association des Journalistes Professionnels (AJP), cela comprend les journalistes francophones, les germanophones et l’immense majorité des correspondants étrangers établis en Belgique
  • 2632 sont affiliés à Vlaamse Vereniging Van Journalisten (VVJ), ce sont les journalistes néerlandophones et quelques correspondants étranger.
  • L’AJP et la VVJ sont les deux pans d’une association fédérale : l’Association Générale des Journalistes Professionnels de Belgique plus connus sous ses initiales : AGJPB
  • A noter que, toujours selon l’AJP, 24% (soit près d’un quart) des journalistes belges sont sous un statut indépendant.
  • Enfin pour conclure ce rapide état des lieux, 54% des journalistes belges travaillent pour la presse audiovisuel  et 46% pour la presse écrite qui inclut aussi la presse en ligne.

A noter que, selon une étude menée par l’Université Catholique de Louvain, une étude datée aussi d’il y a quelques années, de plus en plus de jeunes journalistes ne font pas les démarches pour obtenir une carte de presse. C’est tout à fait possible puisque le métier n’est pas protégé par un accès à la profession.

Désenchantement, réalisme et ultra-digitalisation du métier

Il y a quelques années, j’ai eu la chance de lire le brillant Mémoire d’une étudiant de l’ULB – si ma mémoire est bonne – sur le moral des journalistes avec pour conséquence le fait que beaucoup quittent effectivement la profession. D’ailleurs, nous pouvons poser le constat que beaucoup d'entreprises belges comptent au moins un ancien journaliste dans leur service de communication ; sans compter les agences de communication qui ont été créées par des anciens journalistes. Dans le privé ou dans le public, on retrouve de plus en plus de journalistes qui ont quitté la profession pour se tourner vers la com ou le marketing.

 

Le désenchantement est semble-t-il la principale cause de la désertion des journalistes ! Le métier ne correspond plus à la vision qu’ils en avaient lorsqu’ils sont entrés dans la profession. Depuis quelques années, avec l’avènement du net, beaucoup de groupe de presse ont réellement revu à la baisse leurs prétentions journalistiques. Ce n’est pas moi qui le dit, Denis, c’est l’excellent journaliste Christophe Charlot dans un article intitulé ‘’Et si ChatGPT sauvait le journalisme’’ publié le 10 mars dernier dans Trends/Tendances. Aujourd’hui, dit-il encore, la course au clic est la priorité et elle se fait au détriment de la qualité. Beaucoup de journalistes – je cite ici Christophe Charlot – ‘’ne sont plus , aujourd’hui, que des toiletteurs de communiqués ou de dépêches, parce que c’est ce que leur média leur demande’’. Cela ne correspond pas ou plus à leurs rêves de journalisme. C’est un métier de passion, souvent le réalisme financier a raison de la passion.

Parce que le métier fait encore rêver, il suffit de voir le nombre d’étudiants et d’étudiantes qui entrent dans une filière journalisme… mais pendant leur études on leur dit aussi que sur le marché ils seront 15 pou 20 pour un poste de journaliste salarié qui s’ouvre !

Parce que, effectivement, le regroupement des titres et des rédactions génèrent des espèces d’économies d’échelle faites par les patrons de presse. Ces économies d’échelles entrainent évidemment des suppression de poste… une autre raison qui explique également que les journalistes quittent la profession, une raison forcée, celle-ci !

Et puis, le métiers se digitalise de plus en plus, aujourd’hui il ne suffit plus de savoir écrire, d’avoir un sens aigu de la recherche d’informations et de recoupement de sources pour être un bon journaliste. Non, il faut maîtriser de nouvelles compétences, en SEO afin d’optimiser l’écriture des articles pour les moteurs de recherches, mais aussi les réseaux sociaux et leurs codes et également la vidéo qui prend de plus en plus de places dans les différents supports de diffusion de l’info. Certains journalistes ne sont pas prêts ou n’ont pas envie d’apprendre ces nouvelles compétences qui ne sont pas liées au cœur du métier tel qu’ils l’entrevoient.

Un salaire peu attractif... et la galère pour les free-lances !


En Belgique, le salaire moyen d’un journaliste salarié est de 2341 euros nets par mois. Celui d’un responsable com salarié varie entre 2500 et 3000€ selon les entreprises et les secteurs… C’est une bonne motivation lorsque l’opportunité de quitter la presse pour la communication se présente.

Mais au niveau des indépendants c’est encore pire. L’AJP nous apprend qu’une ligne de 60 signes se facture 1,44€ hors TVA pour un journaliste free-lance. Ce sont les barèmes pour 2023 agréés par la convention conclue avec les éditeurs de journaux. Cela fait peu d’autant plus que pour les indépendants c’est une rémunération brute… ils leur reste à peine la moitié en poche. Il y a aussi les fameux droits d’auteurs qui rapportent un peu d’argent aux journalistes, bien entendu, mais – je ne vous apprends rien Denis – un projet de réforme des droits d’auteurs est en cours. Selon l’AJP, elle fera perdre 100€ nets par mois aux journalistes free-lance. Ce qui engendrera, dit encore l’Association des Journalistes professionnels, une désertion du métier par les jeunes journalistes indépendants.

L’AJP nous dit encore que la majorité des journalistes indépendants facturent moins de 2000€ bruts par mois… cela laisse très peu dans la poche à la fin du mois et, dès lors, faut-il s’étonner que les indépendants quittent la profession.

Les photo-reporters comme révélateur de la situation !

De fait, à la Meuse, il y a quelques années, il y avait 4 photographes de presse. Il n’y en a plus un seul ‘’officiel’’ aujourd’hui. Le nombre de photo-reporters est effectivement en chute libre dans notre pays ; c’est paradoxal alors que l’image prend de plus en plus de place dans les médias. Mais voilà, il faut réduire les coûts de production, encore et toujours. Avec des bases de données de photos libre de droit peu chères voire gratuites, les patrons de presse sont aux anges. Aujourd’hui, les patrons de presse préfèrent une mauvaise image gratuite à une bonne photo payante. Ce n’est même pas un euphémisme, je l’ai entendu dire par un patron de presse belge !

A l’automne dernier, les Assises du Journalisme, en France, mettaient en évidence que l’on ne faisait plus une carrière complète dans le journalisme. Une carrière de journaliste dure, désormais, en moyenne, 15 ans chez nos voisins où le nombre de journalistes professionnels a baissé de 10% en dix ans. Je pense qu’il faudrait vraiment s’attarder sur le problème en Belgique afin de mesurer pleinement son ampleur. En tant qu’attaché de presse, j’appelle ça de tous mes vœux ! Bonne soirée à toutes et à tous et à la semaine prochaine !

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